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Un moment historique pour le CNM

Le 30 octobre 2020 le Bureau Export, le CALIF, le FCM et l’IRMA ont fusionné avec le Centre national de la musique, un an jour pour jour après la publication de la loi relative à la création de l’établissement. Jean-Philippe Thiellay, Président du CNM, revient sur cette étape historique pour la filière de la musique et des variétés.

Photo Arindam Mahanta on Unsplash

Si le Centre national de la musique est, juridiquement, né le 1er janvier 2020, le 1er novembre 2020 marque le vrai point de départ de notre établissement, au service de la filière musicale.

A cette date en effet, le CNM réunit enfin les équipes de l’ancien Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV) et celles du Fonds pour la création musicale (FCM), du Bureau Export, de l’IRMA et du CALIF. Le nouveau CNM est ainsi l’aboutissement d’un long cheminement de plusieurs décennies : dans son ouvrage « Batailles pour la musique », paru en 1979, Marcel Landowski évoque le projet de « Centre national de la musique et de la danse » qui devait mettre en œuvre « un large éventail d’actions » en faveur de la filière musicale… Pendant quarante ans, il n’a pas vu le jour.

Aujourd’hui, le CNM est une réalité, grâce à l’opiniâtreté de certains professionnels qui ont su convaincre jusqu’au Parlement, et auxquels je souhaite rendre hommage. La loi du 30 octobre 2019 fixe une feuille de route ambitieuse autour d’une douzaine de missions essentielles dont l’observation et l’analyse de la filière ; le soutien à la création et à la diffusion de la musique sous toutes ses formes, en France dans les territoires et à l’international ; l’information et la formation des professionnels ; l’innovation ; la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes… La réalisation de ces missions doit se faire dans la « concertation permanente » avec les professionnels, condition pour réussir ensemble cette « maison commune ».

La création du CNM intervient dans un contexte extraordinairement difficile pour ceux qui font vivre la musique dans notre pays et tout particulièrement pour les producteurs de spectacles privés, les artistes interprètes, les auteurs et les compositeurs. Opérateur de l’Etat, le CNM a bénéficié d’un soutien sans faille des pouvoirs publics et tout particulièrement du ministère de la culture, d’abord avec Franck Riester et, depuis juillet, avec Roselyne Bachelot. Rien que sur 2020, près de 140 millions d’euros auront été mobilisés pour sauvegarder les acteurs de la musique en France. En 2021 et 2022, ce sont 200 millions d’euros qui permettront la relance.

Pour un jeune établissement public comme le nôtre, le défi est immense pour être aux côtés des professionnels, verser les aides à ceux qui en ont besoin dans des délais très serrés. De même, des défis très complexes se présentent à brève échéance. Le mode de financement de la filière imaginé au moment du vote de la loi est bouleversé par la crise car la taxe sur les spectacles sera durablement réduite ; car les organismes de gestion collective des droits d’auteurs et des droits voisins, appelés à contribuer au financement du CNM, sont eux aussi affaiblis ; car le financement de la filière ne peut pas durablement reposer sur la seule taxe sur les spectacles et les dotations de l’Etat. Il faudra donc, dans les prochains mois, se pencher, ensemble, sur le financement de la création musicale. Les pistes existent et la crise doit nous encourager à avancer.

La création du CNM n’est qu’un début. Décidément, il y a encore beaucoup de « batailles pour la musique » à conduire, en France, en Europe et à l’international.

Jean-Philippe Thiellay – Président du Centre national de la musique