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Baromètre de l’emploi dans le secteur de la musique et du spectacle vivant

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Le Centre national de la musique à publié un baromètre de l’emploi dans le secteur de la musique et le spectacle vivant.

Baromètre 2024 – Partie 2





Le Centre national de la musique (CNM) publie, ce 12 février, son Baromètre de l’emploi dans le secteur de la musique et du spectacle vivant fondé sur les données d’Audiens, groupe de protection sociale et partenaire du CNM. 


Une étude qui présente les chiffres de l’emploi pour la musique, le spectacle vivant et le secteur des variétés.  Pour sa deuxième édition, elle propose une approche plus fine du périmètre de la musique au sein des données d’Audiens  

L’objectif du baromètre de l’emploi publié par le CNM est de fournir des données utiles (types de contrats, représentations par genre et par âge, niveaux de rémunération, etc.) sur l’emploi, dans les quatre champs conventionnels de la musique et des variétés : le spectacle vivant privé, le spectacle vivant public, l’édition musicale et l’édition phonographique. 

Cette deuxième édition repose sur une approche plus précise du périmètre de la musique et des variétés parmi l’ensemble des structures étudiées. Elle combine l’analyse des données des salariés permanents et intermittents ayant travaillé au sein des entreprises adhérentes à Audiens au cours des 5 dernières années avec la nomenclature des métiers élaborée par le CNM. Ce travail permettra de suivre, d’une édition à l’autre, l’évolution d’un certain nombre d’indicateurs, notamment ceux qui rendent compte de la pluriactivité des salariés et intermittents ainsi que de la représentativité femmes-hommes

2024, une année de consolidation marquée par la stabilisation des principaux indicateurs de l’étude et une hausse des salaires modérée pour les individus en CDI 

2024 apparaît comme une année de consolidation, selon les données issues des principaux indicateurs de l’étude : le nombre d’entreprises, la masse salariale, le nombre de contrats et d’individus se stabilisent ainsi sur les quatre champs conventionnels étudiés. 

En revanche, concernant la rémunération des salariés permanents, les hausses médianes sont globalement plus marquées pour les CDD que pour les CDI, à l’exception du spectacle vivant privé. 

Part des femmes dans les métiers de la musique et des variétés : une présence inégale selon les domaines d’activité, mais majoritaire dans les contrats permanents 

Les femmes sont davantage présentes parmi les permanents (CDI, CDD et alternants) que parmi les intermittents (CDDU artiste et technicien). Si elles sont bien représentées en nombre de contrats, leur poids dans la masse salariale est souvent plus faible, , sauf pour les CDD. 

En 2024, elles ont par ailleurs été majoritaires dans les nouvelles embauches : 60% des recrutements en contrats permanents (CDI et CDD) sont des femmes.  

Au niveau des cachets, les femmes continuent, dans l’ensemble, à percevoir des montants médians plus faibles que les hommes, à l’exception de l’édition phonographique et de l’édition musicale, qui ne représentent cependant que 5% du total des cachets des artistes recensés dans le panel. 

Au niveau des métiers, les femmes restent très minoritaires dans les fonctions techniques, quel que soit le champ. On observe toutefois une dynamique de rattrapage dans le spectacle vivant : +3 points depuis 2019 dans le spectacle vivant public et + 4 points dans le privé, même si cette progression reste modeste. Les femmes demeurent également minoritaires dans les métiers de direction artistique, les fonctions d’artiste et d’intervenant enseignant,  avec une représentation comprise entre 34% et 38% selon les secteurs. 

Pluriactivité des travailleurs de la filière musicale : entre 65% et 76% de mobilité contractuelle des artistes selon les champs 

Le baromètre présente une nouvelle analyse de la pluriactivité des travailleurs de la filière musicale en étudiant les salariés ayant signé au moins deux types de contrats différents sur l’année 2024 (CDI, CDD, alternance, CDDU artiste ou technicien) et/ou signé au moins un contrat dans deux champs différents, à la fois sur les quatre champs conventionnels de l’étude et en dehors (audiovisuel, radiodiffusion…). 

L’étude révèle ainsi une forte mobilité contractuelle des artistes et des techniciens, qui exercent le plus de pluriactivité au sein des quatre champs conventionnels

Les artistes ayant le statut d’intermittents (CDDU) sont également concernés par cette caractéristique, particulièrement dans l’édition phonographique et l’édition musicale où 65 % d’entre eux, pour la première, et 76 % pour la seconde, avaient également un contrat d’artiste dans un autre champ conventionnel de l’étude. Ces chiffres atteignent respectivement 78 % et 88 % si l’on ajoute tous les champs, comme la production cinématographique ou l’audiovisuel. 

Les techniciens ayant le statut d’intermittents (CDDU) suivent la même tendance sur ces mêmes champs : 61 % des techniciens de l’édition phonographique et 49 % des techniciens de l’édition musicale avaient également un contrat dans un autre champ conventionnel de l’étude en 2024. Ces chiffres montent à 83 % et 73 % si l’on élargit les champs.


Baromètre 2024


©John Matychuk





À l’occasion du MaMA musique et convention 2024, le Centre national de la musique (CNM) publie pour la première fois ce jeudi 17 octobre une vision statistique détaillée de l’emploi en 2023 dans l’édition musicale, l’édition phonographique, le spectacle vivant privé et le spectacle vivant public, à partir de la base de données que lui a confiées Audiens[1].


Cette étude brosse le portrait d’un secteur en croissance (en nombre de structures) de 19 % depuis 2019, avec 26 975 entreprises répertoriées et relevant à 91,4 % du spectacle vivant (qui regroupe dans cette étude l’ensemble des activités artistiques[2]), dont 48,2 % pour le spectacle vivant privé et 43,2 % pour le spectacle vivant public.

Ces entreprises sont majoritairement de petites structures, réparties sur l’ensemble du territoire. En effet, seules 26 % d’entre elles emploient plus de 50 salariés ou plus, le plus grand nombre des structures comptant entre 11 et 50 salariés (34 %), une tendance qui s’observe sur chacun des champs d’activité, à l’exception de l’édition phonographique où 32 % des entreprises ont plus de 50 salariés. Plus des deux tiers de l’ensemble de ces structures sont situées en région, avec seulement 30 % d’entreprises en Île-de-France, une répartition toutefois différente si l’on observe la seule édition musicale, où ce dernier chiffre monte à 80 % des structures.

L’emploi intermittent est globalement prédominant sur l’ensemble du secteur et en hausse de 12 % depuis 2019 (contre une hausse de 10 % du nombre total de contrats, tous types confondus, sur la même période), même si l’édition musicale compte à l’inverse 58 % de contrats permanents (CDI ou CDD). Malgré une faible part de contrats en CDI, ils génèrent la majorité de la masse salariale dans chacun des champs observés : les CDI représentent ainsi 16 % des contrats dans l’édition phonographique mais génèrent 77 % de la masse salariale, c’est 6 % de CDI dans le spectacle vivant privé pour 32 % de la masse salariale de ce secteur, 15 % de CDI dans le spectacle vivant public pour 54 % de la masse salariale, et 42 % de CDI dans le spectacle vivant privé pour 90 % de la masse salariale.

Concernant la typologie des personnes travaillant dans le secteur observé, il est intéressant de noter que les salariés permanents (en CDI ou CDD, hors intermittence) y sont tendanciellement jeunes, 40 % d’entre eux ont moins de 30 ans, et plutôt féminins, avec 56 % de femmes en emploi permanent dans le spectacle vivant privé, 59 % dans le spectacle vivant public, 49 % dans l’édition phonographique et 54 % dans l’édition musicale. La part des femmes est en revanche inférieure à 40 % dans les contrats d’intermittence, quel que soit le secteur observé, et tombe même à 29 % pour l’édition musicale et l’édition phonographique. Des disparités salariales défavorables aux femmes demeurent également, tant dans les cachets que dans les salaires, quel que soit le secteur d’activité observé.

Le baromètre étudie enfin plus spécifiquement la situation des artistes, dont la quasi-totalité est sous contrat d’intermittence. Les femmes artistes sont globalement sous-représentées, quoique quasiment aussi nombreuses que les hommes pour la seule pratique du chant (49 %). Surtout, elles perçoivent des cachets généralement inférieurs à ceux des artistes masculins, indépendamment de leur discipline artistique.    

Il sera intéressant d’observer l’évolution de ces différents chiffres sur les années à venir, notamment du point de vue de la répartition femmes/hommes ou encore de la part d’emplois permanents dans la filière. Le Centre national de la musique souhaite pérenniser la sortie de cette étude et cette première édition devrait ainsi être suivie de mises à jour régulières.

[1] Les données sont issues des bases Audiens, groupe de protection sociale paritaire à but non lucratif. Elles sont issues de déclarations sociales nominatives.

[2]Parmi les entreprises du spectacle vivant, les entreprises dites « musicales » ayant embauché au moins un artiste de la musique et du chant sur l’ensemble de la période d’observation représentent entre 80 % et 90 % des effectifs salariés et de la masse salariale du périmètre d’observation.