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Interview : Rhizome Record Store à Nancy

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À l’occasion du Disquaire Day, organisé le 12 juin puis le 17 juillet 2021, le Centre national de la musique met en lumière le métier de disquaire indépendant.
Rencontre avec Ludovic Antoine, disquaire Rhizome Record Store à Nancy, par Mathias Milliard. 



Rhizome Record Store

15 Rue Gilbert
54000 Nancy

03 83 37 02 01

rhizomerecordstore@gmail.com



J’envoie des disques au Canada, aux Philippines, au Japon, en Corée… 

En 2018, constatant le manque sur la cité nancéenne, le label Ici d’ailleurs lance le disquaire Rhizome Record Store. Quinze mois plus tard, la crise vient fermer les stores et une stratégie VPC de niche se met en place.

En temps normal, à quoi ressemble votre journée de disquaire ?

Généralement, je commence par répondre aux messages reçus par mail ou via les réseaux sociaux car, n’ayant pas de site web, je travaille beaucoup avec Facebook et Instagram. Et puis j’accueille les livreurs, je réceptionne les commandes, je déballe les disques et je regarde s’ils sont en bon état… Précisons que ce n’est pas toujours le cas, surtout pour les disques envoyés par des majors, ce qui entraîne trop de retours de défectueux, de la perte d’argent et de beaucoup de temps.

Ensuite, je gère l’étiquetage des disques, leur valorisation sur les réseaux sociaux et la mise en bacs. Tout cela en parallèle de l’accueil du public, bien entendu.

Comment Rhizome Record Store a-t-il vécu la crise liée à la Covid-19 ?

Comme tout le monde, du jour au lendemain, nous n’avons pas eu d’autre choix que de fermer. Grâce aux aides, on a pu se maintenir en vie et on a cherché des alternatives.

Nous avons mis en place du click & collect mais, lors du premier confinement/déconfinement, ça a été une catastrophe totale. Les clients ne venaient pas chercher leurs disques, ils avaient peur. Je proposais de les livrer chez eux, mais la plupart refusaient et préféraient attendre que la situation se débloque. Ce n’est qu’à partir du deuxième confinement que l’appréhension a petit à petit disparu et que les clients sont venus chercher leurs disques au magasin.

J’en ai également profité pour mieux développer la vente par correspondance (VPC).

D’un côté, vendre via Internet est intéressant car cela représente une source de revenus non négligeable. Cela permet de vendre des disques en dehors de sa ville, de proposer un choix valable pour toute la planète. J’envoie des disques au Canada, aux Philippines, au Japon, en Corée… D’un autre côté, la VPC ne peut fonctionner que si l’on propose des choix pointus, qui ne correspondraient d’ailleurs pas à la clientèle du magasin à Nancy. Car sinon, l’opération est peu probante, au sens où nos disques sont déjà chers et peu compétitifs pour la spéculation sur Internet.

Les porte-monnaie ne sont pas extensibles.

Avec de nombreuses sorties de disques prévues et le Disquaire Day qui arrive, qu’espérez-vous de la reprise ?

La reprise s’est très bien passée. À partir du moment où les gens ont pu sortir de chez eux, j’ai fait des chiffres de fin d’année en période de fête. Les clients reviennent, certains découvrent le magasin et beaucoup font l’effort de venir vers des commerces de proximité.

Le Disquaire Day se présente également bien. Il y a eu de nombreuses commandes car les clients peuvent maintenant réserver à l’avance, donc les disquaires ont une plus grande visibilité sur ce qui va arriver. Et effectivement, il y a beaucoup de sorties de disques à l’heure actuelle, ce qui est une très bonne chose. En revanche, les disques sont de plus en plus onéreux à l’achat, ce qui induit des prix de vente beaucoup trop chers en magasin. On risque d’arriver à une saturation car les porte-monnaie ne sont pas extensibles.

Retrouvez l’ensemble des articles du dossier consacré au Disquaire Day 2021 :