Observatoire

Études et rapports


La loi n° 2019-1100 du 30 octobre 2019 confie au Centre national de la musique la mission de gérer un observatoire de l’économie et des données de l’ensemble du secteur et, à ce titre, de recueillir toutes informations utiles, notamment commerciales et financières, et de diffuser une information économique et statistique, dans le respect des législations relatives à la protection des données à caractère personnel et au secret des affaires.

Cette mission d’observation élargit considérablement celles confiées au Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV) et à l’Observatoire de la musique qui l’a rejoint en 2017. Les principales études réalisées au cours des dernières années sont disponibles ci-dessous.

User Centric Payment System (UCPS)

Le CNM publie son étude sur l’impact pour les ayants droit d’un passage du modèle de rémunération par les plateformes de streaming dit Market Centric Payment System (MCPS) au User Centric Payment System (UCPS)

Une étude destinée à objectiver le débat au moyen de données comparables

Avec l’évolution des modes d’écoute de la musique, les services de musique en ligne ont connu au cours des dernières années une très forte croissance de leur activité pour atteindre, en 2019, 59 % du marché des ventes de musique enregistrée (Étude SNEP, L’économie de la production musicale en 2019, édition 2020). Leur poids croissant dans l’économie de la musique a fait émerger des questions relatives aux modalités retenues par ces entreprises pour répartir les produits tirés des abonnements à leurs services.

➔ Deux modèles de répartition

Les revenus générés par les écoutes en streaming sont aujourd’hui répartis aux ayants droit au prorata de leur part de marché (nombre d’écoutes générées sur le catalogue de l’ayant droit rapporté à l’ensemble des écoutes générées sur la plateforme), selon le modèle dit du Market Centric Payment System (MCPS). Par définition, ce mode de répartition favorise les propositions artistiques dont l’audience est la plus engagée et contribue à flécher les revenus du streaming vers les titres écoutés par les utilisateurs intensifs des services de musique en ligne.

Depuis plusieurs années, des professionnels de la musique militent en faveur d’un modèle alternatif, dit User Centric Payment System (UCPS), consistant à répartir le montant hors taxes de chaque abonnement en fonction des écoutes réelles de l’utilisateur : l’abonnement de l’utilisateur est distribué uniquement aux ayants droit des titres qu’il écoute.

➔ Une étude objective et indépendante

Plusieurs études[1] ont été menées en France et en Europe sur les conséquences du passage d’un modèle à l’autre pour les revenus du streaming et la diversité de l’offre. Toutefois, elles ont été réalisées sur la base de choix méthodologiques, de périmètres de données et de temporalités différentes. De ce fait, leurs résultats, souvent contradictoires, ne peuvent être comparés et ne permettent pas d’objectiver cette réflexion.

Dans ce contexte, le Centre national de la musique, en tant qu’observatoire du secteur musical en France, a réalisé une étude pilotée conjointement avec le ministère de la Culture. Lancée en avril 2020, cette étude a pour but d’opérer une analyse comparative et objective des implications des deux systèmes, notamment au regard de leur impact sur la diversité. Menée avec l’appui du cabinet Deloitte, elle a été réalisée dans un cadre concerté avec les professionnels, grâce à la contribution de représentants de différents métiers de la filière : artistes, producteurs, labels, distributeurs, organismes de gestion collective et plateformes de musique en ligne.

Certains services de musique en ligne ont, dès le lancement de l’étude, indiqué ne pas souhaiter y participer, ou ne pas disposer des ressources permettant de traiter leurs données pour la mise en œuvre d’une méthodologie commune. Seuls Deezer, Spotify et la Sacem ont accepté de participer à la mise à disposition de données, à l’élaboration de la méthodologie commune et, pour les deux plateformes, à son exécution[2].

Principaux enseignements de l’étude

Au-delà de quelques enjeux méthodologiques laissés volontairement en dehors du champ de l’analyse (cf. présentation de la méthode dans notre dossier), l’étude aboutit aux conclusions suivantes :

  • le passage au UCPS permettrait de mettre en cohérence la répartition des revenus avec le poids respectif des différentes typologies des consommateurs (en fonction du nombre d’écoutes) et limiterait l’effet de fléchage des revenus vers les écoutes réalisées par les utilisateurs intensifs. Pour autant, dans une économie de l’accès et non de la possession, la question de savoir si un modèle serait plus efficace ou plus juste qu’un autre demeure une question de principe ou de stratégie commerciale, que ces éléments chiffrés ne peuvent ni valider, ni invalider ;
  • le passage au UCPS pourrait favoriser une redistribution des revenus au bénéfice des artistes, titres et esthétiques aux audiences les plus faibles, mais, si les pourcentages d’évolution semblent non négligeables, les montants en valeur restent en réalité limités, en l’état du marché : ainsi, au-delà du 10 000e artiste le plus écouté, toutes esthétiques confondues, l’impact du passage au UCPS serait au maximum de quelques euros par an en moyenne sur l’année par artiste ;
  • le passage au UCPS pourrait favoriser une redistribution significative entre esthétiques aux audiences importantes, au détriment du rap et du hip hop et en faveur du rock et de la pop ;
  • le passage au UCPS pourrait favoriser un renforcement de la part de marché du back catalogue (titres mis en ligne sur une plateforme il y a plus de 18 mois) ;
  • la question des coûts et de la complexité du passage au UCPS reste à éclaircir. Dans l’hypothèse où les interfaces d’échange de données demeureraient inchangées, le développement du modèle UCPS serait à la charge des plateformes. Les coûts associés estimés par les deux plateformes partenaires de l’étude sont très disparates et mériteraient d’être estimés plus précisément. En outre, ces coûts pourraient ne pas être absorbables pour des plateformes plus modestes et pourraient être répercutés sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Les ayants droit (distributeurs, producteurs, organismes de gestion collective) pourraient en outre supporter des coûts de vérification des rapports remis par les plateformes (opérations complexes liées aux pondérations opérées au niveau des utilisateurs pour les calculs UCPS) ;
  • l’impact des outils de recommandation sur la répartition des revenus dans un modèle UCPS doit également être expertisé : des craintes ont été exprimées par certains représentants des ayants droit quant à l’orientation potentielle des écoutes via les algorithmes de recommandation dont le fonctionnement est jugé opaque. L’analyse quantitative de la répartition de la valeur entre les écoutes recommandées et autonomes est complexe et nécessite une définition commune et partagée qui, aujourd’hui, fait défaut ;
  • la lutte contre la fraude : le modèle UCPS permettrait de réduire l’impact d’une des fraudes existantes qui consiste à réaliser un maximum d’écoutes pour des titres et artistes ciblés, par exemple par des « fermes à clics ». Avec la mise en place de l’UCPS, la fraude pourrait évoluer vers le ciblage des utilisateurs peu intensifs ou inactifs ou encore le piratage de sous-comptes au sein des offres groupées. La lutte contre la fraude est un des enjeux principaux du streaming musical, une vigilance continue des plateformes pour détecter les écoutes frauduleuses est primordiale et une plus grande transparence là encore nécessaire.

Les suites à donner

L’étude objective un certain nombre de points grâce à l’application d’une méthodologie transparente et claire. Il s’agit d’une première étape importante dont il est primordial que tous les acteurs s’emparent dans une logique de solidarité et de développement.

Le CNM se propose de poursuivre et d’amplifier ces travaux en étroite concertation avec l’ensemble des acteurs et pour le bénéfice de l’ensemble de la filière musicale pour :

  • progresser sur les données mobilisables et garantir une meilleure transparence : certains acteurs n’ont pas souhaité communiquer certaines informations dont ils disposaient, voire n’ont pas souhaité participer à l’étude, ce qui a rendu sa réalisation délicate, mais il a aussi été constaté que certaines données n’étaient pas disponibles ou exploitables de façon satisfaisante ;
  • développer une meilleure observation des pratiques et usages sur les services de musique en ligne et une bonne compréhension des outils de recommandation, favorisant la mise en place de bonnes pratiques au service de la diversité ;
  • travailler conjointement au développement du marché du streaming en France, celui-ci accusant un retard au regard de ses voisins européens, en veillant à la soutenabilité pour l’ensemble des acteurs de leurs modèles économiques et en favorisant la diversification des publics et des usages.

Le CNM a engagé une extension de l’observatoire de la diversité musicale produite et exposée, qui sera mise en œuvre au cours de l’année 2021 et qui permettra de progresser sur la mise à disposition de données aujourd’hui manquantes. Il propose en outre d’engager une réflexion prospective avec l’ensemble des acteurs de la filière sur les conditions soutenables de développement du streaming, sur la transparence des méthodes de recommandation et sur la lutte contre la fraude pour lesquelles il pourrait jouer le rôle de tiers de confiance.

La diffusion des spectacles de musiques actuelles et variétés

Le CNM, et avant lui le Centre National de la Chanson, des Variétés et du Jazz (CNV), est en charge de toutes les opérations nécessaires à la perception de la taxe sur les spectacles de variétés (opérations d’assiette, de liquidation et de recouvrement). Il collecte ainsi les informations nécessaires à la perception de la taxe auprès des déclarants ainsi que quelques informations complémentaires. C’est le traitement de ces informations qui permet l’élaboration des statistiques de diffusion des spectacles de variétés et de musiques actuelles publiées par le CNM (au troisième trimestre de l’année suivante en raison des délais de déclaration).

Les chiffres 2018 n’ont pu à ce jour être publiés. Le CNM met tout en œuvre pour que l’actualisation des données pour 2018 et 2019 puisse faire l’objet d’une publication avant la fin de l’année 2020.

La diffusion des spectacles de musiques actuelles et de variétés en France en 2017 :

  • plus de 4 000 déclarants ;
  • 65 420 représentations payantes (+4 %) ;
  • 404 entrées par représentations en moyenne (+5 %) ;
  • 26,4 millions d’entrées payantes (+9 %) ;
  • 35€ de prix moyen du billet (+5 %) ;
  • 930 millions d’euros de recettes de billetterie (+15 %).

Avec 26,4 millions d’entrées payantes (28,7 millions en comptant les exonérées), les 65 420 représentations payantes déclarées ont généré 930 millions d’euros de recettes de billetterie en 2017.

L’accroissement de l’offre de représentations en France (+4 %) a été alimentée à la fois par les festivals, la programmation saisonnière des salles et des événements isolés ; à la fois dans des lieux de petite, de moyenne et de grande jauge ; et dans l’ensemble des régions françaises, à quelques exceptions près. Dans l’ensemble de ces contextes de diffusion, cet accroissement de l’offre a rencontré un public plus nombreux.

Économie du spectacle de musiques actuelles et de variétés

Économie des structures

Après une enquête pilote conduite en 2007, les instances du CNV se sont prononcées en 2009 en faveur d’une collecte annuelle et plus complète d’informations auprès de ses affiliés au travers de questions intégrées dans le formulaire annuel d’affiliation et la fourniture rendue obligatoire du bilan et du compte de résultat de la structure pour l’année écoulée. Parmi les principaux objectifs de cette observation pérenne :

  • améliorer la connaissance de la structuration des entreprises affiliées (et du secteur) ;
  • mettre en lumière les principaux soldes, ratios de gestion et financiers des structures du secteur en fonction de leurs caractéristiques ;
  • parvenir à estimer le poids du secteur en termes d’emplois, de chiffre d’affaires, de valeur ajoutée…

Économie des projets

Le CNM conduit aussi, en collaboration avec les professionnels, mais aussi les fédérations et réseaux d’acteurs impliqués sur les questions d’observation, une analyse transversale des informations qui lui sont communiquées par les porteurs de projets dans le cadre de ses activités de redistribution mais aussi des études ad hoc.

Analyse de l’économie et des caractéristiques des festivals

Diagnostic sûreté des lieux de spectacles en France 2015-2018

La diversité musicale dans le paysage radiophonique

Rapport 2019

En hausse pour la quatrième année consécutive, la diversité en titres (120 425), en artistes (40 297), en diffusions (4,7 millions) et en nouveautés (46 655), mesurée sur le panel étudié de 42 stations, présente les résultats les plus élevés depuis 2011, comme pour l’exposition des titres francophones.

Les « contacts musicaux », c’est-à-dire le nombre de diffusions pondéré par l’audience, sont en progression par rapport à 2018 (+3 %), mais toujours en repli par rapport au niveau de 2011 (-3 %). Si le pop/rock prédomine, à 26 % de parts en diffusion, la dance, qui s’établit à 16 %, recule tant par rapport à 2018 (-3 pts) que 2011 (-8 pts).

Rapport 2018

Pour la troisième année consécutive, le panel de 42 stations présente des hausses sur une grande partie des indicateurs : la diversité progresse de +3 % vs. 2017, tant en titres (119 442) qu’en artistes (40 115) pour un total de 4,6M diffusions (+2 %), dans un contexte de baisse des audiences (-1,3 % en contact). À plus de 16 %, la francophonie présente une part quasi similaire quelle que soit l’actualité des titres, pour 33 % des diffusions et 36 % des diffusions de nouveautés. En progression de +8 % en titre et +7% en diffusion, celle-ci est deux fois plus importante au sein des nouveautés… 

Rapport 2017

Ce quinzième rapport annuel marque une progression certaine de la quasi-totalité des indicateurs par rapport à 2016 : titres +6,5 %, artistes +8,1 %, nouveautés +16,3 %, titres exclusifs +8,3 % et leurs diffusions +12,7 %, dans un environnement de baisse d’audience du media radio. Par-rapport à 2011, ces mêmes indicateurs s’inscrivent à la hausse ; la francophonie, en légère hausse par rapport à 2016, recule de -2,8 pts en titre, -4,7 pts en artiste, -3,4 pts en diffusion et -2,9 pts en contact vs. 2011.

La diversité musicale dans le paysage audiovisuel

Rapport 2019

L’année 2019 se caractérise par une baisse de la présence de musique sur les chaînes numériques hertziennes comme sur celles du câble-satellite, et ce sur toutes les tranches horaires. La diffusion de vidéomusiques, caractérisée par une plus grande diversité, progresse en nombre de clips diffusés et d’artistes (+5 %).

Sur le panel étudié, le répertoire francophone progresse, à 48 % de l’ensemble des diffusions ; le format des nouveautés atteint son plus bas niveau (68 %) et, pour la seconde année consécutive, le rap prédomine (22 %).

La diffusion de concerts et les interprétations en plateau sont en repli pour la seconde année consécutive et atteignent leur plus bas niveau : leur volumétrie horaire en 24 h / 24, sous la barre des 2 000 heures (-16 %), se contracte en première partie de soirée (-15 %). Pour la première année, la musique classique, avec 36 % de parts en diffusion, détrône le type pop/rock.

Rapport 2018

La diffusion de vidéomusiques  se caractérise par une plus grande diversité en termes de vidéomusiques diffusées (+9,2 %), d’artistes exposés (+10,7 %), et se conjugue à une hausse des diffusions (+1,2 %) portée par les chaînes du câble-satellite. Pour la première année, le rap domine avec 21,8 % de parts en diffusion (+4,1 pts) ; la diffusion de nouveautés, en recul sur le panel (-2,5 pts), atteint sur la TV numérique hertzienne son niveau le plus bas depuis 10 ans (-12 pts). Sur les seules chaînes numériques hertziennes, la diffusion de concerts et interprétations plateau expose plus d’artistes (+6,4 %) au sein d’un plus grand nombre de programmes (+7,7 %). Avec plus de 125 heures de diffusions musicales (+1,1 %), la première partie de soirée composée à 82 % de live plateau progresse, alors qu’en 24 h / 24 la volumétrie se contracte (-13,3 %), et la diffusion de concerts recule de 353 heures (-17,9 % vs. 2017)

Rapport 2017

Ce neuvième rapport annuel fait état de peu d’évolution des taux de musique, d’une progression de la diffusion sur le panel, notamment sur l’univers de la vidéomusique (+1,7 %) avec toutefois un recul du nombre de clips diffusés (-13,5 %) et d’artistes exposés (-4,1 %). Sur les chaînes numériques hertziennes, la diffusion de concerts progresse (+6 %) au détriment du live plateau (-11,5 %). Le volume d’heures de diffusions musicales s’inscrit à la hausse (+2,4 %), malgré une baisse du nombre de programmes (-9,2 %).

Autres études

Baromètre des investissements publicitaires du secteur des éditions phonographiques en radio et télévision – Année 2016 

En 2016, le secteur des éditions phonographiques a contribué à hauteur de 121,75 M€ (-8,4 %) aux recettes publicitaires des médias, dont 37,90 M€ en radio (-0,8 %) et 83,85 M€ en TV (-11,5 %), soit 0,8 % de l’ensemble des investissements publicitaires, tous secteurs confondus (-0,1 pt). Ils sont à 82 % réalisés sur les radios musicales et thématiques et à 99,3% sur les chaînes numériques hertziennes gratuites.

État des lieux de l’offre de musique numérique : 10 ans d’observation de 2007 à 2016

Conçue et mise en place comme un outil de compréhension et de suivi de l’offre de musique en ligne en France, cette étude vient couronner une période de dix années d’observation de ce secteur (2007-2016). À travers une sélection de sites (192) représentatifs (6 catégories) observés autour d’une batterie d’indicateurs (46) objectifs et catégorisés, ces quelques 80 000 clichés permettent d’appréhender la dynamique des tendances et des évolutions structurelles de cette offre.