Dossier

Interview : Lollipop à Marseille

À l’occasion du Disquaire Day, organisé le 12 juin puis le 17 juillet 2021, le Centre national de la musique met en lumière le métier de disquaire indépendant.
Rencontre avec Paul Milhaud et Stéphane Signoret, disquaires Lollipop à Marseille, par Pascal Bussy.

Disquaire indépendant à Marseille : Lollopop participe aux disquaires day 2021 - Centre national de la musique
Crédit photo : Lollipop

Lollipop Music Store

2, boulevard Théodore-Turner
13006 Marseille

lollipop.music.store@orange.fr

04 91 81 23 39

Depuis son ouverture en 2006 à deux pas du cours Julien qui est la plaque tournante de la vie musicale marseillaise avec une salle de concerts et un quarteron de disquaires spécialisés, Lollipop s’est imposé comme LE disquaire emblématique de la ville de IAM.

LE disquaire emblématique de Marseille

Ses deux fondateurs Paul Milhaud et Stéphane Signoret ont d’emblée choisi un axe de travail à quatre dimensions : le magasin, des showcases réguliers, un bar, un label.

Quinze ans plus tard, ils sont toujours là et forment un parfait tandem. S’ils ont traversé 2020 sans trop faiblir, c’est bien sûr grâce aux aides du fonds de solidarité et du CNM. Paul précise :

Pendant le premier confinement nous avons perdu un mois de chiffre d’affaires, mais nous avons mis en place très tôt le « click & collect », avant même que le terme devienne à la mode, ce qui nous a permis de renforcer la fidélisation de notre clientèle. Il poursuit : nous avons mis le second confinement à profit pour rénover le magasin en y réinvestissant le moindre euro ! Maintenant l’intérieur est nickel, il y a plus d’espace et aussi plus de choix, et comme par hasard depuis qu’on a rouvert on fait de beaux samedis autour de 1 000 € et des semaines qui frisent le triple.

Paul Milhaud

Après avoir parlé de leurs coups de cœur du moment – ils vendent bien sûr les nouveaux La Femme et Feu! Chatterton mais leurs préférences vont plutôt au dernier Black Keys et à Pony de Orville Peck, le premier album d’un chanteur de néo-country canadien qui porte depuis ses débuts et de façon prémonitoire un masque à franges en cuir noir… –, le duo de Lollipop avoue avoir du mal à suivre toutes les sorties, d’autant plus que beaucoup d’entre elles sont retardées et que les réassorts peuvent parfois être très longs. Parfois, ce sont même des clients qui les surprennent en leur faisant découvrir un groupe ou un disque qui leur a échappé… Des contacts que Stéphane et Paul apprécient particulièrement, ce dernier ajoutant qu’il aime échanger et discuter avec « des vrais gens » et que c’est pour cela que les ventes sur le Net – par ailleurs très chronophages – de Lollipop restent limitées.

Quelles perspectives ?

Quant à la prospective, elle n’est pas si simple à faire. Si beaucoup de signaux sont au vert, et notamment la récente reconnaissance des disquaires indépendants au même niveau que les libraires, les deux compères se disent avant tout réalistes, et ils misent sur leur expérience. À côté du disquaire, le bar associatif va continuer avec ses apéros à thème et ses expositions ; idem pour les showcases qui ont démarré au début avec un guitariste sur un tabouret et qui ressemblent de plus en plus à de vrais concerts avec des groupes – il y en a déjà eu plus de 400 dans la boutique ! Quant au label Lollipop, il vient de s’enrichir de Parade, un jeune groupe de powerpop nerveuse qui sonne comme un écho marseillais aux Plimsouls et aux Only Ones, et dont le chanteur n’est autre qu’un client régulier du magasin qui a fait écouter ses maquettes à Stéphane et à Paul et qu’ils ont décidé d’aider. Leur premier vinyle est sorti avec cinq titres qui sont autant de décharges électriques, il suffit d’écouter « Hope » pour s’en convaincre. Et pour septembre est annoncée la sortie de l’album de Conger ! Conger !, une référence sortie à l’origine pour l’édition 2017 du Disquaire Day.

La sélection de Lollipop pour le Disquaire Day 2021

Justement, le Disquaire Day… Stéphane vient de terminer ses commandes et nous confie ses galettes de prédilection : The Truth de Prince un modèle d’intensité dépouillée, Set The Twilight Reeling une perle cachée de Lou Reed, et deux musiques de films, Il bandito dagli occhi azzurri une B.O. culte d’Ennio Morricone, et La Piscine composée par Michel Legrand avec une superbe pochette qui est déjà un collector en soi.

Retrouvez l’ensemble des articles du dossier consacré au Disquaire Day 2021 :